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Contre le musellement des joueuses

janvier 25th, 2012 · 10 Comments · Non classé

[Victoria Azarenka, souvent pointée du doigt]

La polémique concernant les cris des joueuses sur le terrain m’a toujours un peu dépassé. Pour plusieurs raisons.

  • Tout d’abord, il est souvent de bon ton de se réfugier sous l’excuse du « cela gêne le (télé)spectateur ». Mais le tennis est un divertissement, avec ses composantes, à savoir des personnalités éclatées, dotées de modes d’expression différents. Régir le comportement des joueuses de tennis (je parle au féminin, puisque ce sont les femmes qui sont prises à parti), et leur donner des contraintes supplémentaires à celles déjà existantes dans leur quotidien, n’est dans l’intérêt de personnes : pourquoi toujours vouloir tout uniformiser, tout lisser ? Plutôt que d’exiger l’interdiction des cris, peut-être pourrions-nous simplement accepter les préférences de chacun : il y a au moins autant d’admirateurs de tennis qui apprécient cette intensité sonore que de réfractaires à ce sujet. Imaginez qu’un  jour on trouve les joueuses trop silencieuses et qu’on estime que cela rend le tennis-spectacle trop monotone. Pour une frange de (télé)spectateurs, la solution serait donc de les obliger à crier au moment de la frappe ? Complètement absurde.

[Martina Hingis, hier à Melbourne]

  • Autre argument qui me paraît court : les cris perturberaient les adversaires sur le court. Je peux comprendre que cela puisse être une nuisance potentielle, mais dans les faits, il me semble que les joueuses qui s’en plaignent sont surtout plus agacées par la représentation du cri (volonté, agressivité) que par les décibels qui en proviennent. Lindsay Davenport expliquait il y a quelques années qu’elle prenait les cris comme une indication du mental adverse : « Plus les sons deviennent fort et aigus, plus je sais que mon adversaire est nerveuse ». Cette nuit, en conférence de presse à Melbourne, Martina Hingis a estimé pour sa part que « si tu es en train de gagner, tu n’y penses pas. Quand tu es en train de perdre, c’est probablement plus propice à la distraction ». Tant qu’il n’y a pas volonté active de déconcentrer l’adversaire, ou qu’il n’y a pas un bruit disproportionné par rapport à l’effort déployé, je ne vois pas le problème.
  • Enfin, on constate que les hommes ne sont pas concernés par cette question, alors qu’il est évident qu’une partie d’entre eux ahane également, sans être pour autant pointés du doigt par les observateurs. L’imaginaire collectif de la société continue de se représenter les qualités d’une femme avec des stéréotypes persistants : elle se doit d’être sage, réservée, discrète, apprêtée etc … Les hommes, eux, doivent montrer le goût de la conquête, avoir du caractère, se castagner. Lorsqu’une femme reprend les codes de la domination masculine (pour reprendre l’expression de Bourdieu), elle bouleverse complètement ces attentes sexuées façonnées par le temps.  N’est-il pas choquant d’observer qu’on envisage de littéralement museler les femmes, et de laisser dans le même temps la liberté à leurs congénères masculins de pouvoir crier ?

[Monica Seles]

  • J’ai pu lire pas mal de twits enthousiastes dernièrement concernant la combativité de Maria Sharapova, notamment lors de son succès sur Sabine Lisicki en 1/8ème de finale à Melbourne. Cette attitude, selon les joueuses, peut englober toute une série de différents comportements : poing serré, regards noirs, retour au trot à la chaise au changement de côté (liste non exhaustive). En ce qui concerne Sharapova, et d’autres, le cri est l’un de ces moyens d’exprimer cette combativité. En 1992, Monica Seles a atteint la finale de Wimbledon, en battant au passage Nathalie Tauziat et Martina Navratilova, qui s’étaient répandues en salle de presse (et sur le terrain) pour évoquer la gêne des cris occasionnés par la Yougoslave d’alors. Notons qu’elles n’avaient jusque là jamais exprimé un mécontentement significatif lors de leurs précédentes confrontations. Seles a été ensuite rappelée à l’ordre par le tournoi et n’a pas bénéficié d’un soutien de la WTA. Résultat des courses : la N°1 mondiale n’a pas moufté en finale contre Steffi Graf (62 61), en passant complètement à côté de son sujet, car elle était plus concentrée sur le fait de ne pas crier que sur le jeu. Est-ce vraiment ce genre de spectacles que l’on veut offrir ? Veut-on à ce point modeler les personnes à notre guise ? Uniformiser les comportements à ce point serait une initiative malsaine.

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Laura Robson et Heather Watson doivent se ressaisir

janvier 16th, 2012 · 83 Comments · Non classé

[Laura Robson]

  • Trois jeux. Voilà le bilan famélique de Laura Robson (18 ans dans quelques jours) et Heather Watson (19 ans), deux jeunes espoirs britanniques, lors de la première journée de l’Open d’Australie. Certes, elles n’ont pas été gâtées par le tirage au sort, puisqu’elles ont respectivement perdu face à Jelena Jankovic (62 60) et Victoria Azarenka (61 60). Il n’empêche que ces défaites sont préoccupantes, car on ne parle plus de  joueuses qui n’ont aucune expérience WTA, loin s’en faut. Laura Robson a même sensiblement fait moins bien que lors de sa précédente confrontation avec Jankovic à Wimbledon en 2010, où elle s’était inclinée au terme d’une opposition honorable (63 76). Quant à Watson, elle n’était pas passée si loin que ça de l’exploit lors du dernier US Open contre Maria Sharapova (36 75 63). Que se passe t-il ? Facteurs d’explications pour deux joueuses aux profils très différents.
  • Laura Robson possède un tennis percutant, avec une balle très lourde qui s’exprime particulièrement bien au service et en coup droit. En général, sa technique est plutôt propre, même si encore perfectible. Elle a également une très belle lecture du jeu. Des tas de qualités qui gagneraient à être maximisées. Mais malheureusement, la britannique stagne : peu d’évolutions se sont greffées à son talent naturel. Elle tend même parfois à être moins agressive et créative que par le passé, à l’image de sa défaite d’aujourd’hui, où elle a été sans réaction contre une Jankovic qui était pourtant loin de surjouer.
  • Autre problème, encore plus majeur : son manque de fond physique. Robson se blesse fréquemment, ce qui l’empêche probablement d’apporter des modifications sérieuses à son jeu. Musculairement, elle a peu évolué, et son jeu de jambes, son grand point faible, est toujours une faille aussi exploitable. Il faut qu’elle soit capable de s’aménager plus de temps pour sa préparation foncière, car son jeu, pour l’heure, ne peut pas exprimer son potentiel. En gagnant Wimbledon en juniors dès l’âge de 14 ans, elle indiquait qu’elle avait un temps d’avance sur des filles de sa génération. Aujourd’hui, elle doit faire attention à ne pas lâcher le train. Sa situation actuelle (pas de coach fixe depuis 6 mois, sous l’égide de la LTA, pourtant guère dépourvue de moyens !) ne laisse pas augurer des améliorations notables à moyen terme.

[Heather Watson]

  • Heather Watson a progressé dans l’ombre de Robson, jusqu’à rentrer au sein du Top 100 en milieu d’année dernière. Il s’agit là d’une contreuse très mobile, aux frappes compactes et équilibrées, qui aime construire des points sans se précipiter. Mentalement, c’est une bagarreuse avec une attitude toujours positive. Une certaine maturité plaisante à voir. Mais il me semble que depuis quelques mois, rien n’a changé dans son tennis. Une date-phare : mars 2011, mois durant lequel elle a annoncé sa séparation d’avec Billy Wilkinson, un coach avec lequel elle était pourtant au sein d’une bonne dynamique. Depuis, Watson bénéficie de l’aide ponctuelle des entraîneurs de l’Académie Bolletieri à Bradenton. Mais sur le circuit, un coach à plein temps lui fait défaut, alors que la LTA a les moyens financiers de lui accorder un coach de renom. Mais la britannique a déclaré ne pas être spécialement pressée d’avoir un coach à ses côtés.
  • Ce matin, contre Azarenka, elle ne jouait pas dans la même catégorie que la biélorusse, et a été une cible de choix: balles au centre trop courtes, peu de puissance, schémas de jeu prévisibles (les moonballs contre une Top 3, cela va deux minutes). Et pour une joueuse dont la qualité de déplacement devrait être un point fort inoxydable, sa forme physique pourrait être plus affûtée. Il va vite falloir qu’elle se remette elle aussi en question.
  • Statistiquement, on pourra toujours me dire qu’elles ont toutes les deux toujours amélioré leurs classements de fin d’année jusque là. Mais pour moi, c’est un trompe-l’oeil. Quand Michelle Larcher de Brito a atteint le 3ème tour à Roland-Garros en 2009, j’avais pointé les limites de son jeu, malgré l’évolution de son classement. Aujourd’hui, elle ne parvient plus à s’extraire de la tranche Top 120-150 depuis de longs mois, et ce, malgré ses incartades sur le circuit ITF. Elle est devenue ordinaire. Sans le soutien financier de la LTA, Watson ne serait pas dans le Top 100. Si elle et Robson se reposent trop sur des conditions d’entraînement confortables sans se bousculer un tant soit peu, les espoirs de grandeur de la fédération britannique vont vite déchanter.

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Open d’Australie : Bon tableau pour Petra Kvitova

janvier 13th, 2012 · 15 Comments · Non classé

Le tirage au sort est tombé ! Certes, les qualifiées ne sont pas encore tombées, mais on a tout de même un petit ordre d’idées pour essayer d’imaginer ce que donneront les 1/4 de finale (je me serais cantonné aux 1/8ème si les qualifiées avaient déjà été placées). Observons d’un peu plus près chaque 1/4 du tableau.

1ère section
http://www.australianopen.com/en_AU/scores/draws/ws/index.html

  • Caroline Wozniacki va bénéficier de trois premiers tours très tranquilles : difficile de faire plus clément pour une première semaine (Rodionova, Tatishvili ou Barty, Niculescu…). Si elle veut avoir des ambitions dignes d’une N°1 mondiale dans ce tournoi, il faudra impérativement qu’elle utilise ces tours pour mettre en place des schémas de jeu offensifs qu’il faudra reproduire contre des joueuses bien plus dangereuses en fin de tournoi. Difficile de savoir qui lui ferait face en 1/8ème de finale : Lucie Safarova (1/4 de finaliste en 2007) est toujours aussi imprévisible, et Jelena Jankovic, bien que visiblement correctement préparée en ce début de saison, est en manque de confiance. Autant dire que la présence de l’une de ces deux joueuses au 4ème tour n’est même pas garantie, dans une section pourtant peu relevée (reste àvoir quelles qualifiées se placeront dans cette partie).
  • Le grand test devrait en 1/4 de finale, avec Kim Clijsters ou Li Na, qui devraient offrir un remake précoce de leur finale de l’an passé dès les 1/8ème de finale.  Je ne vois pas quelle joueuse pourrait empêcher ces retrouvailles, même si Xeniya Pervak pourrait être un match piège pour la chinoise pour son entrée en matière.


2ème Section

http://www.australianopen.com/en_AU/scores/draws/ws/r1s2.html

  • Victoria Azarenka est la grande gagnante de ce tirage au sort, avec un tableau très progressif. Heather Watson, Bojana Jovanovski, Mona Barthel et Petra Cetkovska ont les qualités pour opposer une résistance honorable, mais ne se sont pas encore assez consistantes pour battre la biélorusse.
  • En 1/8ème de finale, Flavia Pennetta, si elle est rétablie de son dos, et qu’elle affiche le même niveau de jeu qu’à Auckland, serait ensuite son adversaire. L’italienne a un ascendant psychologique important sur Peng Shuai, son adversaire théorique du 3ème tour, qui a décidément un véritable chemin de croix pour ce tournoi : Rezai au 1er tour (comme à Auckland !), puis probablement Benesova (1/8ème de finaliste l’an passé) et donc Pennetta. Dur dur !
  • Azarenka devrait donc se faufiler en 1/4 de finale sans trop de dommages, avec en vue un match contre Agnieszka Radwanska ou Francesca Schiavone. C’est un tableau intéressant pour cette dernière, si toutefois elle ne perd pas trop d’énergie inutilement lors des premiers tours. Je pense que l’italienne a les solutions techniques et tactiques pour prendre le dessus sur Radwanska et Azarenka, qui plus est en Grand Chelem, où sa résistance mentale et son expérience sont également supérieures à ces deux jeunes joueuses. Malgré son succès à Sydney, Victoria Azarenka ne m’a pas plus impressionné que cela : c’est avant tout sa consistance et sa régularité qui lui permettent aujourd’hui d’être aussi régulière et performante tout au long de l’année. Mais il lui manque encore des coups décisifs, et davantage d’intentions de jeu offensives pour espérer endiguer des joueuses plus entreprenantes qu’elle.
  • En Grand Chelem, je donne l’avantage à Schiavone, même si elle a perdu ses 6 derniers sets joués contre Radwanska en 2011. Quant à la polonaise, malgré ses formidables progrès vers l’avant ces derniers temps, je suis encore sceptique sur sa capacité potentielle à élever son niveau de jeu de manière significative pour faire mal à ses plus grandes rivales : son fond de jeu est très dense, mais elle a du mal à passer la vitesse supérieure dans ces occasions.

3ème section

http://www.australianopen.com/en_AU/scores/draws/ws/r1s3.html

  • Une pensée pour Vera Zvonareva, qui n’a pas l’air très en forme, ni en confiance, et qui a un très mauvais tableau : Dulgueru et Hradecka ne seront pas des victimes très consentantes pour les deux premiers tours, avant Kaia Kanepi, impressionnante à Brisbane, dès le troisième tour, puis Serena Williams en 1/8ème de finale. Une première semaine très délicate, où le faux départ sera vite puni pour la russe. On salive d’avance de voir du coup un Kanepi/Williams en 1/8ème de finale, avec le sentiment que l’américaine devrait prévaloir et atteindre le 1/4 de finale. Contre Maria Sharapova en théorie.
  • Sauf que la russe manque de repères, suite à sa blessure à la cheville, qui a traîné plus que de raison. Des joueuses comme Svetlana Kuznetsova (qui va devoir faire très attention à l’accrocheuse Chanelle Scheepers) et Sabine Lisicki, (gare à Peer), bien qu’inconstantes, peuvent en profiter pour se glisser dans le last 8. Angelique Kerber, qui a bien démarré l’année, sera aussi à suivre, si elle n’est pas trop entamée par les nombreux matches déjà joués, et son poignet droit douloureux.

4ème section
http://www.australianopen.com/en_AU/scores/draws/ws/r1s4.html

  • Bon tableau pour Petra Kvitova, qui ne devrait pas être embêtée jusqu’en 1/4 de finale, auto-destruction non-comprise dans cette observation. En 1/8ème de finale, Ana Ivanovic pourrait l’affronter (Pavlyuchenkova semble hors de forme), mais n’a pas encore retrouvé assez de foi en son tennis pour la bousculer durablement. Pas impossible d’ailleurs qu’une joueuse non tête de série se faufile à sa place.
  • Toujours est-il que je verrais bien Zheng Jie affronter la N°2 mondiale en 1/4 de finale : Marion Bartoli, bien qu’en forme, est une adversaire dont le style de jeu va parfaitement lui convenir (3ème tour), sachant que la française va déjà devoir jouer un premier tour à haute tension contre sa comaptriote Virginie Razzano, sur fond de conflit avec la FFT.
  • Quant à Samantha Stosur, je pense que sa route est semée d’obstacles (Cirstea d’entrée, Petrova au 3ème tour), et que la pression à domicile va être délicate à gérer pour elle. Sans oublier ses performances laborieuses à Brisbane et Sydney. Enfin, Zheng est une double ancienne demi-finaliste de Grand Chelem (dont une fois en 2010 à Melbourne) qui revient en très bonne forme, à l’image de son succès à Auckland.

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Venus Williams aurait-elle pu mieux gérer sa santé ?

janvier 10th, 2012 · 7 Comments · Non classé

[Venus Williams à Bogota en Novembre dernier]

Point de Venus Williams lors du prochain Open d’Australie : l’américaine a annoncé hier sur Twitter qu’elle n’était pas encore assez compétitive pour rejouer sur le circuit. On sait que Williams a révélé en Septembre dernier souffrir d’une maladie auto-immune découverte sur le tard, alors qu’on pensait qu’elle était « seulement »  victime d’anémies récurrentes depuis de longues années.

C’est tout de même fou que ce syndrome de Sjögren ait été découvert aussi tardivement. D’autant plus qu’il y a toujours eu des alertes virales ici et là depuis longtemps. Par ailleurs, Venus Williams a toujours vu des saisons découpées en deux morceaux de façon distinctes : elle n’a jamais pu assurer des années calendaires entières sans être affectée par diverses maladies. Ses fins d’années ont souvent été marquées par des forfaits en cascades, y compris pour le Masters (même quand il se déroulait aux Etats-Unis), et ses débuts d’année, relativement poussifs, car elle n’était jamais suffisamment remise de ses bobos.

Mais Venus Williams a aussi une part de responsabilité, puisqu’elle a souvent poussé son corps à des pressions extrêmes malgré sa fragilité physique. Deux exemples, parmi d’autres, me reviennent en particulier.

En 2007, suite à son succès-surprise à Wimbledon, elle a joué trois tournois consécutifs en Asie (Seoul, Tokyo, Bangkok) après avoir chèrement négocié de nombreux contrats de sponsoring. Littéralement épuisée, et en avançant justement, à l’époque, la fameuse anémie, Williams a du se résoudre à déclarer forfait pour le Masters. Je repense également à ce contrat exorbitant signé avec le tournoi d’Acapulco, ce qui lui a fait enchaîner Dubaï et l’épreuve mexicaine deux années de suite : changement de surface, décalage horaire, fatigue accumulée…  Si on ajoute un tas d’autres exhibitions lucratives, et un nombre de tournois disputés plus conséquent que par le passé, voici le le résultat des courses : après être brillamment revenue à la seconde place mondiale au printemps 2010, l’ainée des soeurs Williams a craqué physiquement, hyperactivité oblige.

Pas sûr d’ailleurs qu’elle ait tiré des enseignements: ces exhibitions disputées cet hiver en Colombie ou à La Barbade n’étaient probablement pas utiles à ce stade de sa convalescence, bien au contraire. Et pourtant, elle est cette fois pleinement consciente de son état de santé.

Ceci étant dit, on pourrait toujours rétorquer que sa carrière a été très bien gérée, qu’elle a remporté 7 Grands Chelems, et qu’elle n’a pas de leçon à recevoir en la matière. Ce serait légitime. Mais je veux simplement préciser que Venus Williams aurait pu faire encore mieux si elle avait été davantage à l’écoute de son corps. Et sa fin de carrière aurait été par la même occasion moins pénible. Car comment être sûr de savoir si elle sera un jour complètement remise pour pouvoir rejouer à son meilleur niveau ? Une joueuse de cet acabit aurait mérité une autre sortie, et on ne peut qu’espérer qu’elle parvienne, ces prochains mois, à bien se soigner, et nous réserver de nouveaux grands matchs. Après tout, son 2ème tour de haute volée face à Kimiko Date-Krumm lors du dernier Wimbledon ne date pas de si loin. Mais pour cela, elle devra aussi faire les bons choix.

Matthieu Barbarin

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Malheureuse Sofia Arvidsson

janvier 9th, 2012 · 5 Comments · Non classé

[Arvidsson, le 1er Janvier dernier à Auckland]

Un petit billet pour souligner la mésaventure de Sofia Arvidsson à Sydney. La suédoise a mis 3h24 pour dominer dimanche Alexandra Dulgheru lors du dernier tour des qualifications  (67 75 76), après avoir sauvé des balles de match, et avoir été menée la plupart du temps (76 41, 76 57 53). Mais suite aux forfaits de Sabine Lisicki et Flavia Pennetta, Dulgheru a finalement elle aussi intégré le tableau principal en tant que Lucky-Loser. Adversaire du 1er tour pour la roumaine : Arvidsson bien sûr, qui a manifestement nettement moins bien récupéré que sa victime de la veille, car elle a cette fois subi une défaite cinglante (61 61 en 1h12). Dur dur à admettre pour la suédoise, en terme de points et de dollars, surtout dans un tournoi de cette catégorie… Maigre consolation : Arvidsson, aux côtés de Dokic, a de nouveau battu … Dulgheru (associée à Krajicek) quelques heures plus tard en double (61 63).

Ce n’est bien évidemment pas la première fois que ce genre de mésaventures intervient, mais dans ce cas, il y a une véritable dramaturgie qui va lier les deux joueuses à chaque fois qu’elles se retrouveront !

[Myriam Casanova exulte après son succès sur Koukalova, février 2004]

Cela m’a rappelé quelque chose d’encore plus rare en matière de lucky-losers: le tournoi d’Anvers en 2004, qui se déroulait à l’époque en février, dans la foulée de l’Open GDF-Suez de Paris. Myriam Casanova s’était inclinée au dernier tour des qualifications face à Klara Koukalova (aujourd’hui Zakopalova), 63 75, avant d’être repêchée au tout dernier moment pour intégrer directement le tableau au second tour, suite à une cascade de forfaits.  La Suissesse a ensuite gagné son 1/8ème de finale contre Tina Pisnik, avant de retrouver sur son chemin … Koukalova, qui avait continué son joli parcours (succès sur Serna et Safina en deux manches). Epilogue amusant, d’autant plus qu’il s’agissait là d’une opportunité énorme pour ces deux joueuses, qui n’avaient encore jamais atteint une demi-finale dans un Tier II (l’équivalent des Premier d’aujourd’hui), et qui pointaient aux alentours de la 100ème place mondiale. Casanova n’a pas laissé passer sa chance, avec un succès serré (46 63 64). Notons que Zakopalova-Koukalova n’a depuis toujours pas atteint la moindre demi-finale d’un tournoi de cette envergure…

Notez enfin que cette édition 2004 du tournoi d’Anvers avait connu une véritable hécatombe, avec pas moins de 4 Lucky-Losers, ce qui signifie que toutes les perdantes du dernier tour des qualifications avaient pu quand même rentrer dans le tableau principal !

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Kaia Kanepi arrive à maturité

janvier 7th, 2012 · 8 Comments · Non classé

Kaia Kanepi a tout à l’heure remporté haut la main la finale du tournoi de Brisbane en torpillant la malheureuse Daniela Hantuchova en un peu plus d’une heure (62 61). Souvent stoppée dans son ascension par de multiples blessures, dont une en milieu d’année dernière, Kanepi semble être dans la meilleure forme de sa vie. Sa fin de saison dernière laissait augurer d’un énième retour dans le Top 20 (finale à Moscou, victoire sur Wozniacki à Tokyo), mais l’inter-saison a manifestement été fructueuse pour l’estonienne, qui est apparue cette semaine affûtée comme jamais sur le plan physique.

Et forcément, quand on se sent à l’aise dans ce secteur, le mental suit. La manière dont elle a survolé les débats cette semaine contre Pavlyuchenkova (60 63), Petkovic (61 76) ou encore Schiavone (63 60) , avec un fond de jeu stable et réfléchi, a été impressionnante. Plus en confiance dans les rallyes, avec des balles reprises en défense qui auraient été inimaginables il y a encore des mois, elle attend désormais l’ouverture avec pertinence pour placer ses accélérations en long de ligne. Une vraie révolution pour une joueuse talentueuse, mais qui misait tout sur la puissance sans construction dans les moments de doute.

Rappelons qu’en 2009, Kanepi avait subi une mauvaise période, avec 12 défaites consécutives sur le circuit, ainsi que la perte de ses sponsors, de son manager et de son coach pour terminer l’année! Elle a su rebondir l’année suivante pour atteindre les 1/4 de finale à Wimbledon et l’US Open, ce qui montre à la fois son potentiel, et une vraie force mentale pour pouvoir rebondir face à l’adversité. Surtout, sous la coupe de Silver Karjus et de Kristijan Pruus, elle a trouvé un entourage stable et capable de la faire progresser. Elle n’a pas hésité par exemple à jouer un 25.000$ à Helsinki fin Novembre pour tester des schémas de jeu dans un contexte de compétition. Une humilité qui paye.

Au prochain Open d’Australie, l’une des 8 premières têtes de série aura Kaia Kanepi dans sa partie de tableau dès le 3ème tour. Son placement dans le tableau du premier Grand Chelem de la saison sera à observer. Mais à plus long terme, si le physique tient, c’est toute la saison qu’il faudra chercher à l’éviter. Premiers éléments de réponse du côté de Melbourne.

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Début de saison crucial pour Jankovic et Ivanovic

janvier 5th, 2012 · 20 Comments · TEF ACTU

Il y a 3 ans, Ana Ivanovic et Jelena Jankovic étaient au au sommet de la hiérarchie WTA, et sortaient d’une saison 2008  durant laquelle elles avaient su accéder au trône de N°1 mondiale. Depuis, plus rien ou presque, avec des périodes alternant entre regains de forme, blessures et contre-performances, ces dernières étant forcément plus marquantes au vu de leur pedigree.

Pour 2012, les dés sont de nouveau jetés, avec son lot de changement d’entourage: une habitude pour les joueuses serbes. Jankovic a engagé Henner Nehles, un ancien joueur universitaire allemand, pour être son nouveau coach, ainsi que Korey Goodwin pour l’entraînement physique. Précisons par ailleurs que son lucratif contrat d’avec Anta, décroché alors qu’elle était N°1 mondiale, est terminé et qu’elle jouera désormais sous l’étendard de Fila. Ivanovic, de son côté, travaille aux côtés de l’expérimenté Nigel Sears (qui a notamment amené Amanda Coetzer et Daniela Hantuchova dans le Top 5) depuis Juillet 2011, mais a congédié son préparateur physique, Scott Byrnes … pour laisser le soin à son petit ami, Adam Scott, s’occuper provisoirement de ses problèmes récurrents aux abdominaux. Pour rappel, l’égérie d’Adidas avait fait fort en février dernier, en remerciant Antonio Van Grinchen après une seule séance d’entraînement, les rumeurs allant bon train sur le refus d’Ivanovic de faire davantage de renforcement musculaire pour ne pas modifier sa silhouette…

Au tournoi de Brisbane, qui fait office de rentrée des classes, c’était donc l’occasion de faire le point sur les repères de ces deux joueuses, et sur ce qui a été travaillé à l’inter-saison. Un constat s’ impose : la confiance des grands jours sera difficile à regagner.

Jelena Jankovic a avoué volontiers qu’elle ne s’était pas autant entraînée qu’elle aurait dû le faire en 2011, et a confié avoir mis les bouchées doubles ces deux derniers mois. Elle aurait également pu ajouter une lassitude évidente sur les courts, où on voyait qu’elle ne prenait plus vraiment de plaisir à jouer. Le tirage au sort, auquel elle a participé, lui a réservé un tableau confortable pour débuter la saison, ce qui lui a permis d’atteindre les 1/4 de finale sans encombre (64 62 face à Suarez-Navarro, puis 63 62 contre la qualifiée Bratchikova). Son premier test est arrivé cette nuit, puisqu’elle affrontait Francesca Schiavone, visiblement très bien préparée pour l’exercice 2012. Cela s’est terminé en crève-cÅ“ur pour Jankovic : elle s’est inclinée au terme d’un gros combat (57 76(2) 63), après avoir manqué deux balles de match à 75 65 15-40. Dommage, car son niveau de jeu a été encourageant : j’ai trouvé ses frappes plus percutantes qu’en 2010-2011, et ses choix de trajectoire redevenus judicieux. Sa condition physique sera probablement optimale d’ici peu, car elle m’a semblé plus affûtée que l’automne dernier. Mais la manière dont elle raté le coche sur les balles de match (deux retours complètement manqués) indique qu’il va lui falloir beaucoup de patience pour grappiller la victoire qui pourrait lui redonner confiance.

Quant à Ana Ivanovic, après avoir dominé Tamira Paszek (63 63),  elle avait carrément Kim Clijsters dans sa raquette en menant 16 61 3-0, balle de double break. Le niveau de jeu de ce début de troisième set était d’un bon acabit, avec notamment un service et un coup droit au rendez-vous, et une bonne mobilité en défense. Mais à l’instar de leur précédente confrontation à Miami l’an passé, où elle avait laissé la victoire à la belge après avoir dilapidé une avance de 5-1 dans le dernier set, la joueuse serbe a craqué mentalement. Ce qui était intéressant dans cette partie, c’était le contraste entre les attitudes respectives de Clijsters et d’Ivanovic. La triple gagnante de l’US Open a significativement haussé son niveau de jeu sans s’affoler alors qu’elle était dominé, et a imposé son jeu, au contraire de son adversaire qui a accepté le rouleau-compresseur adverse. Ivanovic, lorsqu’elle ne rentre pas dans la balle avec son coup droit, devient une joueuse ordinaire, et c’est ainsi qu’elle a laissé passer des brèches énormes lors des 6 derniers jeux de la partie.

Après les avoir vu jouer cette semaine, dans la lignée des derniers mois,  j’ai l’impression que Jelena Jankovic et Ana Ivanovic ont comme -définitivement ?- « oublié » les sensations de leur statuts d’antan, notamment cette dernière qui semble parfois aussi perdue qu’une junior. Il y a une explication évidente à cela: elles n’ont jamais dominé le circuit à proprement parler, 2008 ayant été une année de transition suite à la retraite surprise de Justine Henin. Alors qu’au contraire, l’emprise d’autres anciennes N°1 mondiales (Serena Williams, Kim Clijsters, Maria Sharapova, Venus Williams) sur leurs congénères du circuit est évidente, et les place dans une catégorie à part. Cela montre que le seul charisme (et chacune à leur façon, elles n’en manquent pas !) n’est pas suffisant pour en imposer à ses adversaires : rien ne vaut la légitimité des résultats sur le long terme. Et récemment, leurs rivales ont eu toutes les garanties leur montrant que les deux serbes sont fragiles et friables.

N’avoir rien à prouver dans les faits (leurs carrières sont évidemment des réussites) tout en ayant, probablement, le sentiment d’avoir tout à démontrer vis à vis des médias qui les ont considérées au mieux comme des parenthèses de luxe, est un paradoxe que ces deux joueuses n’ont jusque là pas su dépasser. Ce qui s’est passé cette semaine à Brisbane l’a de nouveau prouvé. Autant dire que le prochain Open d’Australie va sûrement donner le ton de leurs saisons, car vu les échecs essuyés ces 3 dernières années, il est quasiment certain que ni l’une ni l’autre ne pourra redécoller convenablement en 2012 si une défaite prématurée ou décevante survient à Melbourne. Le besoin de performances est devenu urgent.

Matthieu Barbarin

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TenFem fait son come-back !

janvier 5th, 2012 · 29 Comments · Non classé

Chers tous,

Je suis ravi de vous apprendre que je reprends TenFem dès aujourd’hui. Cette pause de 9 mois m’a permis de réaliser à quel point le tennis, féminin en particulier, occupe une place centrale de ma vie, et de digérer les 30 mois frénétiques à assurer la bonne tenue du site.

Evidemment, pour éviter la surchauffe, je ne vais pas reproduire les erreurs commises par le passé : le rythme du blog ne dépendra pas des résultats quotidiens du circuit, mais réagira à certains d’entre eux qui m’interpelleront. Il s’agira ici de rebondir aussi sur l’actualité WTA, et de privilégier l’analyse, plutôt qu’une revue détaillée formelle des résultats.

Il pourra m’arriver aussi, par exemple, de revenir sur des rencontres ou des joueuses du passé. Enfin, il y aura toujours une recherche d’informations à mettre à votre disposition en avant-première, notamment lorsque j’irai couvrir des tournois.

La bonne réussite de cet espace dédié au tennis féminin sera liée à mon indépendance vis à vis de la réactivité. J’accepte aujourd’hui de ne pas pouvoir rivaliser dans ce domaine avec des rédactions entières.

J’espère pouvoir reformer la vitalité des échanges qu’il y a pu avoir sur ce site avant ce long hiatus : n’hésitez pas à reformer la communauté TenFem et d’en parler autour de vous !

A bientôt pour les premiers posts !

Matthieu Barbarin

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Clap de fin pour TenFem

mars 2nd, 2011 · 86 Comments · Non classé

Il faut savoir dire au revoir. C’est aujourd’hui un constat qui prend tout son sens en ce qui concerne TenFem, après 26 mois d’existence. Plus de deux ans sans discontinuer à tenter de couvrir seul l’actualité du tennis féminin, ses résultats, ses enjeux. Autant de temps passé sur les qualifications de petits tournois que sur les principales rencontres du Grand Chelem. Pour traquer la moindre information, se déplacer sur quelques événements pour couvrir le plus objectivement possible des épreuves trop souvent laissées de côté par les médias (ou au mieux, traitées avec superficialité ou incompétence).

Il m’a fallu du temps pour m’y résoudre, mais c’est désormais une époque révolue. J’ai porté ce projet à bout de bras pendant un long moment, et j’en suis fier, à défaut d’en être satisfait. TenFem est devenu, avec les moyens du bord, un média de référence dans son domaine. Mais la situation n’est plus tenable. Sachez qu’il n’y a aucun partenaire institutionnel intéressé par une collaboration significative: la WTA n’a pas besoin d’un média francophone ; la Fédération Française de Tennis a laissé mes demandes s’amonceler sans manifester le moindre intérêt ; les autres sites internet spécialisés n’ont jamais non plus répondu à mes appels, tout en n’ayant aucuns scrupules à piocher des informations sur mon site. Même le département de l’UNESCO s’occupant de l’égalité des genres, notamment au sein du sport, a fait preuve d’indifférence. En revanche, signalons un nombre non négligeable de sites qui se sont montrés intéressés par des « Ã©changes » : en gros, leur donner gratuitement tout le travail réalisé pour TenFem, en échange de « la formidable visibilité » qu’offraient leurs portails. Un joli sens du partage.

Je ne suis pas las du tennis et de mes idées, mais je suis en revanche sceptique sur le manque de professionnalisme de mes pairs journalistes. Depuis quelques années, au-delà du tennis féminin, j’ai pu me rendre compte sur le terrain de la crise qui touche, d’un point de vue éthique, cette profession. Je ne parle pas seulement des grands groupes qui contrôlent les médias, et qui laissent une marge de manÅ“uvre limitée aux journalistes au sein de leurs colonnes. Je pointe davantage ici les dérives méthodologiques de la plupart de mes collègues. Commenter un match à la radio, en tant qu’envoyé spécial, en observant d’autres rencontres dans un même temps sur Internet, ce n’est pas professionnel. Délaisser les premiers tours pour préférer les cocktails mondains et inutiles, ce n’est pas professionnel. Faire copain-copine avec les joueurs et joueuses de tennis, puis ne pas leur poser des questions de peur de les froisser, ce n’est pas professionnel. Quitter le stade sans voir vu la fin du match, alors qu’on est payé pour en rendre compte, ce n’est pas professionnel. Ajuster son propos selon ses accointances avec l’organisation d’un tournoi, pour être bien sûr d’être accrédité l’année suivante, ce n’est pas professionnel. Être journaliste sportif spécialisé (certains d’entre eux ne faisant que du tennis toute l’année) et n’avoir jamais lu une seule ligne des règlements WTA (ou ATP), ce n’est pas professionnel. Certes, encore une fois, nous savons tous que ces personnes n’ont pas les rênes éditoriales et sont tenus à des restrictions pénibles. Mais au lieu de se battre pour livrer des articles plus représentatifs d’une certaine pluralité, et de mouiller leurs chemises respectives pour enquêter sur des vrais sujets de fond plus travaillés, les journalistes se servent de ce paramètre pour justifier leur immobilisme latent et leur manque de travail. Autrement dit, pourquoi se remettre en question quand on gagne déjà sa vie en faisant le strict minimum ?

Mon créneau était encore plus délicat, car la misogynie et le peu de crédit accordés au tennis féminin par mes collègues sont effarants.  A écouter 90% de mes collègues, toutes les joueuses évoluent de la même manière, alors qu’en réalité, le Top 10 actuel voit un panel de joueuses au styles de jeu très différents. Lorsqu’il y a des périodes avec une joueuse dont le leadership est incontestable (Graf, ou plus récemment Serena Williams ou Henin), les journalistes pointent la prévisibilité du circuit. Quand c’est l’inverse, et que tout est ouvert, on déplore à tout va l’éclatement de la hiérarchie, et … le besoin d’avoir une joueuse au-dessus de la mêlée. Des arguments réversibles très crédibles. Je pourrais continuer comme cela avec des multitudes d’exemples, mais vous avez compris mon propos. Attribuer aux seuls pontes actionnaires le caractère discriminatoire du traitement médiatique en défaveur des femmes est facile, et permet aux journalistes de feindre le fatalisme.

L’horizon me semble désormais bouché : je ne peux plus continuer cahin-caha en l’état, et faire des journées de 15 heures de travail en jonglant avec d’autres occupations (comme ce fut souvent le cas pendant la dernière tournée australienne) avec une rétribution financière touchant au néant. Je dois en plus veiller à garder une vie personnelle saine et équilibrée. Et dans le meilleur des cas, il est hors de question de faire de la reprise de dépêches, ou de faire de la communication.

Je me sens toujours pleinement et passionnément journaliste, mais je n’ai plus les moyens humains et financiers d’exercer, pour l’heure, ma profession. Pour moi, pardonnez ma solennité, le rendre-compte confine à l’honneur et à la discipline. Je refuse de tenir un site pour lequel je ne peux pas faire 10% de ce que j’aimerais faire, ou pire, de voir baisser la qualité intrinsèque des informations. Il est temps pour moi de prendre une pause. Si les circonstances de la vie concordent avec des opportunités intéressantes, je me jetterai de nouveau à corps et âme dans le tennis féminin. J’en serai toujours l’un des premiers ardents amateurs et défenseurs. En attendant ce moment propice, il est l’heure pour moi d’explorer d’autres territoires.

Je suis très ému à l’heure d’écrire ces dernières lignes, et même en étant sûr de prendre la bonne décision, appuyer sur l’ultime touche me coûte énormément. Il ne me reste plus qu’à vous remercier, chers lecteurs, de votre fidélité jamais démentie, et à m’excuser pour la caractère soudain et abrupt de la nouvelle. Sans vous, la vitalité, la crédibilité et la légitimité de TenFem n’auraient pas pu être possibles.

A très bientôt, j’en suis sûr,

Matthieu Barbarin

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Acapulco (WTA): Gisela Dulko s’est fait peur ; TenFem prend une semaine

février 27th, 2011 · 15 Comments · TEF RESULTATS

ACAPULCO, Mexique – Outdoor – Terre Battue
Grand Chelem –Mandatory– Premier 5 – Premier – *International*

  • Gisela Dulko s’est octroyée le quatrième titre de sa carrière, avec une victoire en deux manches face à Arantxa Parra-Santonja (63 76). Redescendue à la 73ème place du classement WTA (ses succès en double étant l’un des facteurs explicatifs), Dulko prend un bon bol d’air en remontant dès demain au 56ème rang de la hiérarchie mondiale.
  • L’argentine a toutefois dû surmonter une frayeur importante durant cette finale. Dulko semblait se diriger vers une victoire facile en se détachant 63 51, mais a manifestement calé au moment de conclure, en cédant les 5 jeux suivants (63 5-6). Pire : Parra-Santonja s’est procurée 3 balles de set consécutives à 0-40 ! Mais l’espagnole a elle-même raté le coche en perdant les 8 points suivants, et en ne parvenant pas à se remettre complètement de cette mauvaise série lors du jeu décisif. Rappelons par ailleurs que la future gagnante avait été au bord de l’élimination en 1/4  de finale face à Laura Pous Tio (63 4-2 15-40 !). Pas de repos au programme pour Gisela Dulko, qui va rester au Mexique pour se rendre au tournoi de Monterrey, cette fois sur dur.
  • Arantxa Parra-Santonja a également perdu la finale du double plus tard dans soirée aux côtés de sa compatriote Lourdes Dominguez Lino. Les espagnoles ont perdu contre Mariya Koryttseva et Raluca Olaru en trois manches (36 61 10-4).

RESULTATS

Simple – Finale
(4) Gisela Dulko (ARG) bat (6) Arantxa Parra Santonja (ESP) 63 76(5)

Double – Finale
Koryttseva/Olaru (UKR/ROU) battent Domínguez Lino/Parra Santonja (ESP) 36 61 104

NOTE

TenFem prend une pause d’une semaine. Pas de couverture des tournois de Monterrey (principales têtes d’affiche : Jankovic, Rezai, Pavlyuchenkova) et de Kuala Lumpur (Schiavone, Bartoli, Kleybanova, Safina), des tournois de catégorie International. Retour dimanche prochain, pour un topo complet de ce qui s’est passé durant ces deux tournois, et surtout, pour le Premier Mandatory de la saison à Indian Wells !

En attendant :

Site Officiel de Monterrey : http://www.abiertodetenismonterrey.com/portal/

Site Officiel de Kuala Lumpur: http://www.bmwmalaysianopen.com/

Le tableau de Kuala Lumpur est déjà tombé, et est très intéressant : http://www.bmwmalaysianopen.com/draw-scores-singles

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